… jusqu’à la fin du monde. C’est le tout dernier verset de l’évangile de Matthieu qui conclut l’ordre de baptiser des gens de toute la terre. De très nombreux cantiques mettent en musique cette présence de Jésus, qu’il faut trouver, qui se donne à recevoir. Trouver dans ma vie ta présence… Les psaumes, écrits il y a si longtemps, chantaient déjà la présence divine. Le Seigneur est mon berger. Cette présence est un réconfort, elle est appelée dès que nous sommes deux ou trois.
L’autre jour, au cours d’un repas organisé par une association de solidarité catholique, je discute avec une des convives. Elle me raconte sa vie, toute cabossée, à faire pleurer les plus endurcis. J’essaie de m’endurcir. De fil en aiguille, j’explique que ‘ma’ paroisse (protestante) accueille à quelques centaines de mètres de là, pour le café et le goûter, deux après-midis par semaine, toute l’année. ‘Ah, mais c’est une Eglise, et moi, dit-elle, je suis athée. Je crois au néant’. Je lui dis ‘Venez et voyez’… (à peu près). Elle vient et passe l’après-midi à nous remercier de ce temps d’accueil ouvert, sans contrainte autre que de respecter les autres personnes présentes. Elle résume sa vie « Je ne tiens qu’en allant d’une association à une autre. J’essaie de remplir toutes mes journées avec ces temps d’accueil. Personne ne m’attend chez moi. Je suis complètement seule au monde. Je n’ai vécu que des rejets. Les associations sont les seules à me donner de l’affection. Sans vous, je crève, je crève de solitude. Je serais déjà morte. »
Je ne sais pas si, chemin faisant, elle pourra entendre que l’amour que nous lui donnons, nous l’avons reçu d’un Autre qui lui, ne la rejette pas. Mais nous en témoignerons, inlassablement.
Pasteure Emmanuelle Seyboldt