Avril 2026 – Pourquoi me frappes-tu ?

Avril 2026 – Pourquoi me frappes-tu ?

Jésus pose la question au soldat qui vient de le gifler (Jean 18,23). Ce n’est que le début de son interrogatoire, après l’arrestation. Relire chaque année ces textes de la Passion est terrible. C’est une descente progressive dans l’horreur de l’arbitraire, où la vie de l’être humain devient négligeable au regard d’autres enjeux, notamment politiques. Et parviennent à mes oreilles les cris des personnes persécutées pour leurs opinions, des personnes pourchassées par la police de l’immigration aux Etats-Unis, des personnes ‘retenues’ dans les centres de rétention français comme des criminelles, et tant d’autres situations inhumaines pour lesquelles nous prions sans nous lasser. La violence est partout où est l’être humain. Peur de perdre ses moyens de subsistance, peur de perdre sa place, peur d’un ennemi fantasmé qui devient, par le fait, bien réel, la peur se mue en violence presque mécaniquement.

Mais finalement, est-ce que cela change quelque chose à notre vie, de savoir que Jésus, Fils de Dieu, est mort de cette violence ? De notre violence ? Que Dieu Fils ait traversé la violence humaine sans se défendre autrement qu’en paroles me montre le chemin de la vie : celui de la non-violence, à apprendre, à mettre en œuvre chaque jour de ma vie. Le refus de la violence est contraire à la nature humaine. Pourtant, c’est dans la non-violence que l’Evangile s’expérimente, pour rendre la vie possible à toutes et tous, une vie pacifiée aussi avec la nature.   

Pasteure Emmanuelle Seyboldt                   
© Photo JF Bonhomme